Avant toute chose je tiens à préciser que je parle là d’un Visa d’Argentine étudiant, pour les citoyens de pays nécessitant un visa même en tant que touriste. Pour les détenteurs de passeport européen par exemple la démarche est différente : lors de votre entrée sur le territoire vous disposez de 3 mois afin de régulariser la situation et obtenir votre visa. A noter que durant cette période avant l’obtention de votre visa vous ne pouvez sortir que 2 fois du territoire argentin.

Comment obtenir le visa d’Argentine ?

Après plusieurs faux espoirs, c’est officiel, je vais en Argentine. Pays d’Amérique du Sud qui me fait rêver avec ses lamas, ses paysages, et surtout la Patagonie ! Mais je suis très vite redescendue. Étant Marocaine, j’ai besoin d’un Visa étudiant avant d’aller sur place. Les citoyens européens peuvent y aller en tant que touristes, puis demander leur visa étudiant sur place. Mais ce n’était pas valable pour moi. Obtenir ce visa a été l’une des démarches administratives les plus compliquées de ma vie !

Décembre : les partiels sont finis, je suis enfin en vacances, je peux rentrer au Maroc, j’aurai trois mois pour faire mon visa argentin c’est large … ou pas.

Pour obtenir le visa d’Argentine étudiant, plusieurs choses sont demandées :

  • Un permis d’entrée fait par l’université d’accueil, qui nécessite 2 à 3 mois d’attente pour l’obtenir.
  • Extrait de casiers judiciaires marocain et français (puisque j’étudie en France depuis 4 ans maintenant)
  • Des papiers classiques : acte de naissance, photo, passeport, formulaire de demande de visa, relevés bancaires …

Et maintenant ?

Vous l’avez deviné ce sont les deux premières parties qui m’ont posé problème. Ma rentrée en Argentine était prévue pour mi-mars, j’avais mon vol le 4 mars. Une fois ma demande pour le permis d’entrée effectuée auprès de mon université d’accueil, je n’avais pas d’autres choix que de patienter, encore et encore. Puisque l’Argentine se situe dans l’hémisphère Sud, l’université était fermée pendant ce qui était, leurs vacances d’été jusqu’en février.

Après plusieurs semaines de stress, le mail tant attendu arrive enfin ! J’avais obtenu mon permis d’entrée, il ne me restait plus qu’à demander un rendez-vous auprès de l’Ambassade d’Argentine à Rabat. 

Nous sommes mi-février, deux semaines avant mon départ je me rends lundi matin à l’ambassade avec tous mes documents. Mon tour arrive, je présente les papiers à la dame qui s’occupait de moi et là j’apprends qu’il me fallait également un extrait de casier judiciaire français apostillé pour l’Argentine. Je n’avais pas cette information avant bien que j’aie fait plusieurs recherches et passé plusieurs appels. Obtenir le casier judiciaire français se fait en quelques clics sur internet, là n’est pas le problème. Mais l’apostille, je n’avais jamais entendu de mot jusque-là. Je ne savais pas quoi faire alors que mon vol était dans 2 semaines. La dame m’informe que je devais lui rapporter tous les documents avant vendredi, pour pouvoir obtenir le Visa avant mon départ. 

Premier vol pour Paris !

Le lendemain matin je monte dans le premier avion pour Paris. N’ayant aucune idée de ce qu’était l’apostille ni comment l’obtenir je décide de faire quelques recherches sur internet. Une fois arrivée à Paris après 2h40 de vol, je récupère mes bagages, et le temps de sortir de l’aéroport et d’arriver chez moi, il est déjà 13h et donc trop tard pour réaliser ma démarche.

Mercredi matin 8h, soit 10 jours avant ma date de départ, je me rends au service d’Apostille de la cour d’appel de Paris. J’arrive, on m’indique le chemin et je récupère mon numéro sur mon ticket : yes je suis troisième. 9h, le service est ouvert, la première personne passe, le suivant, puis mon tour arrive. J’explique à la dame que j’ai besoin d’une apostille pour mon visa d’Argentine étudiant argentin. Je lui tends les documents, et après avoir vu l’extrait d’acte judiciaire c’est la douche froide. 

Elle m’explique que la cour d’appel de Paris ne s’occupait pas de ce type de documents et qu’il fallait les envoyer à la cour d’appel de Rennes par voie postale et je l’aurai dans 10 jours ouvrables. Le fait est que je n’avais pas 10 jours, ni même deux. Je devais être à Rabat au plus tard jeudi soir. Il est 9h45, je suis perdue et stressée. Après quelques minutes de réflexion, je décide d’aller à la gare de Montparnasse, je me rends en courant à la billetterie et je demande le prochain train pour Rennes. Heureusement pour moi, il y en avait un 11h30 et après un trajet de 2h je devrais y être. La cour d’appel de Rennes fermait à 16h, ça devrait le faire.

Un peu (beaucoup) de stress quand même

Il est 11h30, une voix annonce que le train aurait 30 min de retard, je commence à vraiment stresser je ne voulais pas passer la nuit à Rennes, il fallait que je rentre à Paris le soir même. 12h15 le train démarre, à 14h30 me voilà enfin à Rennes. C’était la première fois que j’y allais, mais je n’espérais pas découvrir la Bretagne dans ces circonstances. Ville très charmante et assez piétonne, j’étais à 30 min à pied de la cour d’appel. Je commence donc à courir aussi vite que je peux dans la ville. 15h02 je suis à la cour d’appel, un monsieur m’indique le service des apostilles : il n’y avait personne à part moi. La dame me fait mon apostille pour l’Argentine, et une fois le document en main, j’ai relâché toute la pression. Je sors du tribunal et je me mets à pleurer, toute seule, dehors observée par les passants. Des larmes de joie évidemment. Il était 15h passé, je me suis dit que tant qu’à faire autant visiter la ville. Après 3h de tourisme assidu, je prends le train pour Paris et jeudi matin j’étais à Rabat.

Je vais à l’Ambassade dans l’après-midi avec tous mes papiers et ce fameux casier judiciaire et son apostille. Une semaine plus tard, très exactement le vendredi 2 mars je reçois un appel me disant que mon Visa d’Argentine était prêt et que je pouvais venir le récupérer.

S’il y avait deux choses à retenir de toute cette affaire :

Pour ceux qui ne le savent pas une apostille c’est « Pour les pays signataires de la Convention de La Haye, l’apostille substitue par une formalité unique l’exigence de légalisation d’un acte officiel en provenance d’un autre pays, lorsque cela est nécessaire (exemples : actes notariés, état civil…), sous la forme d’un cachet portant la mention Apostille. » selon Wikipédia

J’ai souvent l’habitude de me retrouver dans des situations impossibles donc je vous conseille vraiment de vous y prendre à l’avance, mais très en avance pour ce genre de démarches et renseignez-vous bien sur tous les documents nécessaires !

 

P.S : soyez indulgents c’est mon premier article. Et n’hésitez pas si vous avez des questions, remarques ou commentaires je prends tout. 

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